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Sept conseils pour arrêter progressivement de la tétine

Retirer la tétine ou la laisser ? Tel est le dilemme, pour reprendre une citation célèbre. La tétine et le pouce dans la bouche sont des sujets controversés. Certains experts en préconisent l’utilisation – en particulier lorsque l’enfant est très petit – tandis que d’autres la déconseillent dès le départ.

Pour les parents, la tétine peut être un soulagement dans de nombreux moments du quotidien. Êtes-vous d’accord ? Jusqu’à ce que… lorsque l’enfant arrive à l’âge de la maternelle et doit se passer de la tétine selon les consignes données par les enseignants, cet objet peut alors devenir un problème.

Quelle orientation, quelle méthode, quelle approche adopter dans cette situation ? Dans cet article d’aujourd’hui, nous essayons de comprendre la question du quand, du pourquoi et du comment se passer de la tétine.

La tétine : ce qu’elle représente pour nos tout-petits

Les petits garçons et les petites filles ont un besoin inné de téter. Ce geste répond à divers besoins qui vont au-delà de la simple alimentation :

  • il favorise la découverte de son propre corps et le plaisir du contact avec celui-ci,
  • il prépare à la découverte du monde par l’exploration orale,
  • il réconforte et favorise la détente et la relaxation,
  • il facilite l’autorégulation.

La succion non nutritive fait partie des stratégies d’autorégulation dont le fœtus d’abord, puis le nouveau-né, est doté pour gérer de manière autonome les états émotionnels désagréables. Les échographies montrent que les enfants sucent leur pouce dès la grossesse. Ce comportement sert à s’entraîner à la succion nutritive postnatale et à se détendre ou se calmer dans les moments de stress et d’agitation.

Lorsque les enfants sont agacés, agités ou effrayés et ont besoin de se calmer et de retrouver leur sérénité, sucer son doigt est une solution facile et à portée de main, déjà connue et expérimentée in utero.

Pourquoi retirer la tétine si elle apporte un réconfort psychologique ?

Freud utilisait l’expression « sucer avec délectation » pour désigner le plaisir de la pulsion orale en soi, indépendamment de la possibilité d’ingérer quoi que ce soit.

Selon Aurora Mastroleo, sucer une tétine, son pouce ou d’autres objets ne sert parfois à rien « si ce n’est au pur plaisir de jouer à sucer ». La psychothérapeute souligne que la succion fait partie d’une catégorie d’activités de l’enfant qui relève du comportement d’amour : « Ces comportements infantiles spontanés et courants peuvent représenter le prototype des premières effusions d’affection dont l’humanité est capable. Même le fœtus, en portant son doigt à la bouche, témoigne de l’existence d’une dimension affective ; l’enfant, quant à lui, cherchera à « sucer » un coin du drap ou appréciera qu’on lui propose une tétine, montrant ainsi la capacité typiquement infantile à éprouver du plaisir dans le jeu ».

Lorsque le nourrisson, par exemple, suce son pouce, ses doigts ou met ses mains, ses poignets, ses pieds dans sa bouche, il découvre son premier jouet : son propre corps, le plaisir de se découvrir et d’être en contact avec lui-même, elle-même, de manière autonome et librement choisie. Il active ainsi ses intentions et sa volonté primitives. Il apprend à se connaître pour connaître le monde.

Sucer son pouce n’est pas la même chose qu’utiliser une tétine, car cette dernière n’appartient pas au corps de l’enfant. Sucer son doigt procure un double plaisir : oral et tactile. L’enfant ressent le plaisir oral et éprouve également les sensations tactiles du pouce qui est contenu, sucé, enveloppé par la bouche. Outre les sensations physiques de plaisir, il tire de la succion du doigt un profond réconfort psychologique : lorsqu’il se sent mal à l’aise, il devient « son doigt » : accueilli, réchauffé, protégé. Ce comportement revêt une importance psychique significative.

Retirer la tétine, un choix ancré dans notre passé

La succion non nutritive constitue un outil important dans le parcours de croissance du petit garçon ou de la petite fille : une pièce du mosaïque complexe qui témoigne de sa capacité à se réconforter et à réguler ses émotions de manière de plus en plus autonome.

Contrairement au pouce – mais avec les mêmes fonctions réconfortantes et apaisantes –, la tétine peut être dosée et contrôlée par l’adulte et proposée uniquement à certains moments de la journée ou lors d’événements spécifiques. En général, les parents préfèrent la tétine car ils estiment pouvoir s’en passer plus facilement qu’avec le pouce.

Selon certaines recherches, l’utilisation de la tétine – et plus généralement la succion, qu’elle soit nourricière ou non, l’allaitement et le pouce dans la bouche – peut contribuer à réduire le risque de SMSN (syndrome de mort subite du nourrisson) au cours de la première année de vie, car elle prévient les apnées auxquelles le bébé peut être exposé en raison de son immaturité physiologique. C’est pourquoi de nombreux experts recommandent d’utiliser une tétine dès les premiers mois de vie.

Avant de proposer une tétine, il faut toutefois que l’allaitement maternel soit bien établi : téter une tétine et téter le sein ne sont pas la même chose, et le bébé doit avoir pris ses marques avec le sein et maîtrisé les mouvements buccaux correspondants avant de passer à la tétine.

La perception que nous, parents, avons de l’utilisation de la tétine ou du doigt dans la bouche trouve souvent ses racines dans l’histoire personnelle et la culture des mamans et des papas. Les inquiétudes ou le désagrément liés à la tétine dépendent de plusieurs facteurs. Nous avons souvent tendance à la qualifier d’habitude peu hygiénique et nocive pour les dents. Des motivations sans aucun doute valables.

Souvent, l’aversion pour la succette découle de sentiments profonds, généralement chez la mère, qui peut ressentir de la jalousie parce que l’enfant utilise la succette ou son doigt pour s’apaiser lorsqu’il se sent en difficulté, au lieu de se tourner vers elle.

D’autres parents peuvent se sentir soulagés de voir que leur enfant sait trouver des moyens de se consoler tout seul sans avoir recours à leur aide. L’histoire personnelle des mères et des pères, la manière dont ils ont eux-mêmes géré la tétine ou le pouce, et la façon dont leurs propres parents les ont accompagnés dans ce domaine, peuvent influencer considérablement leur relation avec leurs enfants à ce sujet.

Si nous nous sentons en difficulté pour gérer cet aspect de la croissance de notre enfant, réfléchissons à notre histoire et à notre culture familiale afin d’évaluer dans quelle mesure le passé affecte le présent et l’influence.

L’avis des orthophonistes sur le sevrage de la tétine

Examinons la question d’un point de vue physique : selon les recommandations des orthophonistes, la tétine ou le pouce dans la bouche, malgré ses aspects positifs, est un outil dont il faudrait se passer progressivement à partir de 2 ans.

L’objectif est de supprimer définitivement la tétine après l’âge de 3 ans. La principale raison tient à l’impact que la succion continue du pouce ou de la tétine a sur la conformation du visage et de la bouche.

« On imagine aisément comment la présence de cet objet dans la cavité buccale empêche la langue de se positionner correctement et, outre le risque de malocclusion, limite la liberté de mouvement de la langue et de la mâchoire, empêchant ainsi l’enfant d’expérimenter les différents points d’ancrage nécessaires pour apprendre à articuler la parole. »

Conseils pratiques pour sevrer progressivement de la tétine

Nous vous proposons quelques conseils pour utiliser correctement la tétine et pour l’abandonner progressivement. Gardons à l’esprit que la tétine n’est pas un objet nocif en soi.

Ce sont la fréquence et la durée d’utilisation qui la rendent nocive à partir de trois ans, notamment pour le développement oro-facial.

Sept conseils sur l’utilisation de la tétine

Les petits garçons et les petites filles peuvent utiliser la tétine comme objet réconfortant jusqu’à un certain âge, mais celle-ci ne doit pas devenir une solution de facilité que les adultes proposent dès que l’enfant montre un léger malaise ou une petite déception.

Les enfants doivent apprendre à s’autoréguler, notamment grâce à la tétine (ou au pouce), mais ils devraient trouver auprès de l’adulte un soutien pour réguler leurs émotions afin de ne pas intérioriser l’idée qu’ils ne peuvent pas compter sur les autres.

Utiliser la tétine comme un « bouchon » rapide pour calmer instantanément le petit entraîne trois autres effets secondaires.

  • L’adulte peut avoir tendance à peu prêter attention aux besoins et aux messages de l’enfant et à ne pas s’habituer à décoder ce qu’il essaie de communiquer, ni à comprendre la signification de ses pleurs ou de ses gémissements. Cette attitude pourrait conduire à une observation insuffisante de l’enfant, ce qui affaiblit la relation éducative, l’efficacité de l’accompagnement parental et la confiance de l’enfant envers ses parents.
  • Utiliser la tétine comme un bouchon émotionnel à chaque signe de malaise pourrait amener l’enfant à penser que, lorsqu’il ne se sent pas bien physiquement ou émotionnellement, il peut trouver du réconfort en mettant quelque chose dans sa bouche. Cela pourrait l’amener, à terme, à utiliser la nourriture (souvent des sucreries ou des bonbons) comme apaisant émotionnel.
  • Habituer l’enfant à l’utilisation fréquente de la tétine rend plus difficile son retrait le moment venu, car il n’aura développé aucune autre stratégie d’autorégulation que la succion.

Il est important que nous, les adultes, encouragions une utilisation raisonnable de la tétine et que nous évaluions dans chaque situation si celle-ci constitue une réponse utile au malaise de l’enfant. Il serait peut-être plus judicieux de recourir à d’autres stratégies.

Voici quelques exemples à envisager en fonction de l’âge de l’enfant et des possibilités offertes par l’environnement :

  • refléter ses émotions et le réconforter par un câlin,
  • boire un verre d’eau,
  • prendre de grandes respirations,
  • proposer un jeu.

Nous devrions observer les situations dans lesquelles l’enfant réclame sa tétine et ce qu’il cherche à communiquer par cette demande dans un contexte donné. Essayons de repérer les moments où l’enfant demande avec le plus d’insistance à téter afin de comprendre son message et d’essayer de le réorienter.

L’observation est une technique utile tant pour les parents que pour les éducateurs et éducatrices. Si, à la crèche, nous remarquons que l’enfant a un peu le mal du pays de sa maman, nous pourrions lui dire : « Tu as l’air triste, ta maman te manque peut-être un peu ? ». Oui, cela peut arriver. En général, l’enfant se met à pleurer pour exprimer son émotion. Une émotion qu’il retiendrait si ses pleurs étaient bloqués par la tétine.

Nous habituons les enfants à utiliser la tétine en pleine conscience, tout en leur enseignant d’autres stratégies d’autorégulation au fur et à mesure de leur croissance et de l’acquisition de nouvelles compétences motrices, linguistiques, cognitives et socio-émotionnelles. Si nous orientons l’enfant vers l’utilisation de différents moyens pour réguler ses émotions, il disposera de divers outils utiles pour faire face aux difficultés et aura moins de mal à se passer de la tétine.

Nous aidons l’enfant à gérer ses émotions grâce à notre présence aimante, attentive et réceptive : cela lui permettra de renforcer l’idée qu’il peut compter sur les autres pour surmonter ses difficultés.

Sept méthodes pour sevrer son enfant de la tétine

1. C’est à nous, les parents, d’être prêts à franchir cette étape : il faut de la patience, un lien affectif, de la fermeté et de la persévérance.
Sommes-nous prêts à franchir cette étape et à soutenir notre enfant, qui pourrait avoir beaucoup de mal sur le plan émotionnel ?

    L’abandon de la tétine représente une étape très délicate au cours de laquelle l’enfant pourrait entrer en crise et ressentir le manque d’un soutien émotionnel important. Surtout s’il n’a pas développé d’autres stratégies pour gérer ses émotions. Il est normal qu’il pleure et proteste. Nous, les adultes, devons être un soutien émotionnel solide pour que l’enfant se sente en sécurité et l’orienter vers l’acquisition de nouveaux outils de régulation émotionnelle. Si nous ne nous sentons pas prêts, nous pouvons reporter ce moment de transition et demander l’aide d’un professionnel.

      2. Si l’énergie de l’enfant est investie dans une étape évolutive importante, la régression est une réaction saine et naturelle qui lui permet de récupérer les ressources nécessaires pour faire face à la nouveauté. Le pédiatre américain poursuit : « Reconnaître ce profond besoin de dépendance et lui accorder du crédit est un moyen important de soutenir l’enfant pendant les changements et le stress qui les accompagne. » Soutenons l’enfant en lui accordant une régression momentanée et ayons confiance dans le fait qu’il ne perdra pas ce qu’il a appris et consolidé au fil du temps : tout reviendra à sa place dès qu’il aura dépassé le pic de fatigue évolutive.

      3. Comment faire pour se passer de la tétine ? Procédons par étapes, en proposant également de nouveaux objets réconfortants pour la remplacer : une poupée, une peluche, une doudou. Commençons par réduire la durée et la fréquence d’utilisation de la tétine pendant les moments calmes, lorsque l’enfant oublie cet objet réconfortant (lorsqu’il est distrait ou absorbé par d’autres activités). Ensuite, retirons-la également dans les autres situations, toujours progressivement, et gardons le sommeil nocturne pour la fin.

      Si l’enfant fréquente la crèche, il est utile d’échanger avec les éducatrices et de partager une stratégie commune. Cela ne signifie pas faire la même chose à la maison et à la crèche, mais poursuivre le même objectif par des moyens différents. Certaines stratégies sont applicables à la crèche mais pas à la maison, et vice versa : par exemple, l’imitation des pairs est très forte dans les structures éducatives, mais à la maison, c’est une ressource dont nous ne disposons généralement pas.

        4. Évitons les punitions liées au sevrage de la tétine. Nous pouvons retirer délicatement la tétine ou le pouce de la bouche de l’enfant et diriger son attention vers quelque chose qui le stimule et l’intéresse. « Les méthodes punitives, le chantage visant à inciter l’enfant à arrêter de téter peuvent entraîner des réactions de type psychosomatique, telles que des réactions de dégoût envers certaines catégories d’aliments ou des distorsions dans le rapport à la nourriture. »

        5. Ne faisons pas disparaître la tétine dans le néant. Créons un rituel qui puisse accompagner l’enfant, garçon ou fille, pour qu’il ou elle soit un acteur actif de cette étape de développement et maîtrise la situation. « L’adulte doit se rappeler que l’important est que l’enfant se sente acteur de ce choix, qu’il ne le subisse pas mais qu’il puisse en tirer un bénéfice sur le plan de l’estime de soi, qu’il puisse en être satisfait. »

          6. Pour renforcer les capacités d’autorégulation et l’estime de soi, il est utile de faire en sorte que les enfants se sentent plus grands et plus sûrs d’eux afin qu’ils puissent affronter avec plus de confiance les difficultés liées à l’abandon de la tétine. Travaillons sur le sens des responsabilités, confions-leur de petites tâches et demandons-leur de nous aider dans les tâches ménagères. Évitons de mettre la pression sur l’enfant avec des phrases explicites telles que « tu es grand(e) maintenant », qui peuvent nuire à la relation éducative en lui faisant croire que grandir est une tâche ardue, sans soutien émotionnel certain, avec des adultes de plus en plus distants.

          7. Une aide utile pour la transition pourrait être la tétine pour grands enfants ou « infant trainer », qui favorise une bonne position de la langue tout en procurant le même plaisir de téter.

          N’oublions pas que l’insistance engendre de la résistance : il est très important que nous, les parents, accompagnions progressivement l’enfant dans son sevrage de la tétine sans le presser.

          Adapter son approche pour sevrer de la tétine

          Il existe différentes théories et points de vue sur l’utilisation de la tétine et de la succion du pouce, et de nombreux experts reconnus se prononcent tant en faveur qu’en défaveur. Comme toujours, élargissons notre horizon et choisissons notre approche en fonction des comportements que nous observons chez nos enfants. Au-delà de toute théorie ou position, ce qui compte, c’est d’être à l’écoute de nos enfants et de rechercher les moyens les plus adaptés pour interagir avec eux.

          Les considérations et les stratégies présentées dans cet article sont des suggestions : essayez de trier, de sélectionner et d’adapter les méthodes proposées à votre réalité et aux besoins de votre enfant, afin qu’il puisse se passer progressivement de la tétine et vivre cette transition en douceur.

          Alliez organisation et douceur pendant le sevrage de la tétine

          Dans ce cheminement parfois délicat qu’est le sevrage de la tétine, chaque petit geste du quotidien peut vous aider à instaurer des repères rassurants pour votre enfant. C’est dans cette logique que notre boutique propose des attaches tétine à la fois pratiques et élégantes, pensées pour accompagner les mamans au quotidien. En gardant la tétine propre, accessible et toujours à sa place, elles vous permettent de mieux encadrer son utilisation, sans stress ni précipitation. Nous avons des attaches tétines en silicone, en ruban, en macramé et bien d’autres encore. Au-delà de leur aspect fonctionnel, nos modèles apportent aussi une touche douce et soignée aux affaires de bébé, pour allier organisation, sérénité et plaisir dans cette étape importante.

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